Accueillis et soutenus dans leur quartier

« J’ai emménagé à Morberg House parce que je n’avais nulle part où aller à ce moment-là. Ça m’a permis d’être nourri et logé. J’ai pu me stabiliser mentalement et entrer en contact avec un médecin de famille pour avoir une évaluation psychiatrique et de l’aide adaptée. Aujourd’hui, j’ai une situation stable. J’ai un appartement, un téléphone portable, je paye mes propres factures. »

Austin Saunders, ancien résident de Morberg House

Accueillis et soutenus dans leur quartier

La CCSM appuie l’initiative lancée en 2016 par St. Boniface Street Links pour venir en aide aux personnes sans-abri de Saint-Boniface dans leur quartier, Morberg House.

Red Road Lodge, Siloam Mission, Lighthouse Mission, Main Street Project, les services d’aide aux personnes sans-abri sont nombreux de l’autre côté de la rivière Rouge. Mais à Saint-Boniface, où cette population est toute aussi présente, elle n’était pas desservie il y a à peine trois ans.

C’est cela que la Saint-Bonifacienne Marion Willis a voulu changer en fondant d’abord St. Boniface Street Links en 2015, après avoir travaillé au développement d’un projet d’aide avec un petit groupe de personnes sans-abri de Saint-Boniface. Ce groupe incluait notamment Farron Hall, célèbre pour avoir sauvé quelqu’un de la noyade à deux reprises. « Je me suis appuyée sur leurs expériences et leurs besoins réels », rapporte la fondatrice.

Les personnes sans-abri demandaient notamment un endroit où préparer leurs propres repas, laver leurs vêtements, garder leurs affaires personnelles en sécurité, ainsi qu’une adresse pour obtenir de l’information sur les traitements contre les dépendances car « c’est difficile d’être joignable pour les rendez-vous sans adresse, sans moyen de communication et sans moyen de déplacement », souligne Marion Willis.

Très vite, l’organisme documente plus de 100 personnes sans-abri. Puis, en 2016, la maison du 311 Provencher est acquise par Gail Morberg au nom de St. Boniface Street Links. Maison de transition pour les sans-abri, Morberg House est devenue opérationnelle en août 2016 avec le soutien de la Corporation catholique de la santé du Manitoba (CCSM). Elle compte 17 lits, trois salles de bains et un personnel complet.

« C’était une bénédiction pour moi de travailler avec ce grand partenaire communautaire qui a une vision, se réjouit Marion Willis. Ils comprennent et respectent notre travail. » Morberg House est en effet un atout indéniable pour la CCSM, et notamment pour certaines de ses Communautés de services tel que l’Hôpital Saint-Boniface (HSB).

« Souvent, ces personnes vulnérables viennent chercher des soins chez nous. Nous n’aimons pas les laisser partir s’ils n’ont nulle part où aller ensuite, explique la présidente-directrice générale par intérim de l’HSB, Brenda Badiuk. Grâce à Morberg House, même si aucun lit n’est réservé pour les besoins de notre clientèle, nous savons qu’ils ont la possibilité de s’y rendre et d’y être pris en charge, et ce, dans leur communauté. C’est un soulagement pour nous. »

Modèle de réussite, Morberg House a par ailleurs mis sur pied un programme de santé mentale basé sur un système d’entraide de pairs qui étaient eux-mêmes sans-abri. « C’est unique, et c’est un projet que le Ministère de la Justice de l’Ontario essaye à présent de reproduire », dévoile Marion Willis.

En outre, « une fois que les résidents quittent Morberg House pour leur propre logement, nos services les suivent pendant deux ans, poursuit-elle. Ça crée un sens de famille et de communauté pour eux. Avec le temps et l’aide psychologique, les addictions sont surmontées. Ils se fixent des buts et les atteignent. Beaucoup d’entre eux ont hâte de ne plus dépendre de l’assistance sociale et d’avoir un emploi ».

Résident de Morberg House de décembre 2016 à août 2017, Austin Saunders en est un parfait exemple : « J’ai emménagé à Morberg House parce que je n’avais nulle part où aller à ce moment-là. Ça m’a permis d’être nourri et logé. J’ai pu me stabiliser mentalement et entrer en contact avec un médecin de famille pour avoir une évaluation psychiatrique et de l’aide adaptée. Aujourd’hui, j’ai une situation stable. J’ai un appartement, un téléphone portable, je paye mes propres factures. Rentrer à Morberg House est une des meilleures décisions que j’ai prises de ma vie », conclut-il.